CONSEILS DIVERS POUR
REUSSIR UN REBOISEMENT
Termites :
Tous les arbres sont sensibles aux termites, notamment les arbres
fruitiers, surtout pendant les 2 premières années. C’est un
facteur de mortalité très important à ne pas négliger.
Les attaques augmentent sur un arbre faible et stressé (manque d’eau,
brouté par les animaux, feu, …).
Produits (polluants) :
- Tifonad (le mieux selon projet front de terre) : ? F / kg
- Furade ou durexa : 2000 F / kg
- Dursban : 3000 F / kg
- Rugby G10 (le plus efficace selon le CNSF, et il suffit d'en mettre 1 fois au
début contre 3 pour les autres) : 5000 F / kg
Il est fortement conseillé de traiter au moins la première année,
surtout si on arrosera peu.
Prévoir un surplus de produit qu'on laissera aux villageois pour qu'ils
puissent traiter rapidement lors d'une attaque.
Méthode traditionnelle (mais pas très efficace) :
- On dépose des os broyés au pied de l'arbre pour les faire remonter,
et on met du jus de tabac ou des cendres ou des graines de neem pour les tuer.
- Huile de vidange sur le tronc (pas nocif pour l'arbre)
Les termites qui qu’on voit dans les grosses mottes ne sont pas les même,
donc ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de termitières qu’il
y aura beaucoup de termites qui attaqueront les arbres. Ces termites vivent dans
des sols humides et mous : si on s’enfonce un peu en marchant. Dans un sol
très dur et sec, il n’y aura pas de termites. Elles aiment l’eau
: si on arrose régulièrement les plans, il y aura plus de termites.
Brise vent
(pour un verger de manguiers par exemple, pour éviter que les fleurs
ne soient arrachées par l’harmattan) :
Techniques de rangées (de l’intérieur vers l’extérieur)
:
a) - buissonnante
- arbustive
- arbres : cacia siamia, ou nîme (mais il ne lui faut pas trop d'argile)
b) - acacia nilotica (3 à 4 mètres de haut)
- 2 rangées d’eucalyptus
c) mettre des espèces de valeur comme le raisinier sauvage ou un acacia
pour le fourrage.
Protection contre
les animaux :
- lutte contre la divagation des animaux
- grillage : rouleaux de 25 m (25000 F), établissement Nana Boureima,
vers le marché central de Ouaga, toujours en stock, ou achat de fil et
confection par les villageois avec un établi.
- protections individuelles tressées (400 F, demander à Jacques
Ouedraogo) ou grillagées (500 F, marché près de Air Burkina)
- Parpaings en quinconce pour laisser de l’air
- Murs en banco avec aérations en bas
- Haie vive avec de l'acacia sénégal (effective en 1 ou 2 ans)
: si on ne l'a prévu avant la plantation, on peut la mettre en même
temps que le grillage, ce qui permettra de le récupérer rapidement.
Ces 2 derniers protègent aussi des feux, fréquents en brousse
et très destructeurs.
Arrosage :
C’est le plus grand facteur de mortalité, le plus contraignant,
et le plus difficile à faire, compte tenu du climat et des tarissement
des puits très fréquents en milieu de saison sèche : 8
mois sans une goutte de pluie. La période la plus critique sont les dernier
mois de la saison sèche (avril, mai). Donc ne pas tenter un reboisement
si on n’a pas tout prévu pour l’arrosage avant.
S’assurer que le puit débite suffisamment d’eau pour tous
les arbres, et pendant toute la saison sèche.
Pour un arrosage continu sur des plans de valeur (ex : le manguier), pour éviter
d’arroser tous les jours et pour économiser l’eau, on peut
utiliser des canaris (200 à 500 F) que l’on rempli une ou deux
fois par semaine. Ce sont des sortes de vases en terre cuite (10 litres en moyenne)
troués sur la moitié supérieure que l’on place dans
la terre contre le plan ; le goulot est à fleur de terre, et l’eau
qu’on met dedans va s’écouler en environs une heure par les
trous et il restera un fond d’eau permettant de garder l’humidité.
Les trous (souvent 3) se bouchent parfois à cause des racines, il faudra
alors les agrandir avec un petit instrument. L’autre intérêt
est qu’il n’y a pas de perte d’eau par évaporation
ou par diffusion, car l’eau va directement sur le pied.
Bois de chauffe et de construction
:
- Chauffe : le mieux est l’eucalyptus, mais à cause de son impact
néfaste pour le sol, on plantera plutôt du neem ou du cacia siamia.
- Construction : le bon bois ne pousse pas au Burkina, on l’importe du
Ghana ou de la Côte d’Ivoire.
Plantation d'arbres
dans les champs :
Autre fois, surtout à cause des plantations de coton, la tendance était
à l’éclaircissement des champs pour une augmentation de
la production.
Mais actuellement, les paysans retrouvent un intérêt aux arbres
dans les champs.
A prévoir
:
- minimum 10 litres d'eau par arbre et par jour (donc vérifier le débit
du puit)
- du matériel pour arroser
- au moins un traitement préventif contre les termites (3 sont conseillés)
au moment de la plantation (10 grammes par arbre), et il faudra laisser une
réserve de produit au village pour qu'ils puissent traiter lors d'une
attaque.
- Un trou de 80 cm de profondeur et 60 de diamètre avec amendement en
terre arable
- du fumier ou compost (il faut 3 mois au fumier pour se constituer dans une
fosse fumière)
- attendre 2 bonnes pluies avant la plantation
- Remplacer les plans morts au bout de 2 semaines (en général
1 sur 10)
- Plus tard (par exemple, quand le manguier commence à produire) des
tuteurs.
- La superficie du reboisement devra ternir compte d'un espacement de 4 mètres
pour les eucalyptus et 10 mètres pour des manguiers.
- 1 personne pourra s'occuper au maximum de 20 arbres pour arroser matin et
soir.
Techniques de plantation
:
1- choix du terrain :
- pour un verger de manguiers il vaut mieux un bas fond
- 1 hectare = 100 manguiers
- si besoin d'arroser, un forage ou un puit pas loin, ou alors il faudra un
moyen de transport pour l'eau (charrette avec fût : environs 250000 F
CFA, 200 litres par fût)
- essayer de se renseigner sur la présence de termites
- pour un verger, pas contre une route, sinon les animaux mangeront tout
- pour un verger de manguiers, prévoir la place pour les brise vent
2- piquetage :
- il faut une ficelle de 100 mètres de long pour 1 hectare carré
- un décamètre (au moins 10 mètres pour étalonner
la ficelle)
- de quoi tailler des piquets (les villageois ont ce qu'il faut)
- un marteau pour planter les piquets
- espacer les arbres de 4 mètres pour des eucalyptus, 10 mètres
pour des ombragers (comme le manguier)
3- creusage :
- attendre les premières pluies pour que le sol soit humide
- 60 à 80 cm de diamètre et profondeur pour les manguiers (100
conseillé) , 30 à 40 pour les autres (60 conseillé) ; plus
ils sont grands, meilleur est la croissance, et la plante est plus résistante
- mettre de côté la terre superficielle, et à la fin du
creusage la mettre au fond du trou
- reboucher partiellement
- mettre du fumier ou compost de bonne qualité (sinon attire les termites)
surtout pour les manguiers si on est pas dans un bas-fond.
4- achat et transport des plans :
- on peut mettre 100 à 150 plans sur 1 mètre carré
- ne pas rouler vite si la voiture n'est pas bâchée car le vent
brûle les feuilles
- bien arroser les plans 1 jour avant la plantation pour ne pas que la terre
s'effrite quand on le sort du pot.
5- plantation :
- attendre 1 pluie après le creusage des trous
- mettre de l'anti-termites (1/2 dose) au fond du trou
- couper le fond du pot avec un couteau aiguisé et propre à 1
à 2 cm de l'extrémité pour couper les racines qui se sont
recourbées
- réaliser une fente de côté depuis le bas jusqu'à
1 à 2 cm de haut avec une lame de rasoir
- bien garder toute la terre sur les racine
- dire aux "planteurs" de mettre la poche à côté
du trou sous une pierre pour vérifier qu'on a bien retiré la poche
de tous les plans
- mettre le plan 10 à 15 cm au-dessous du niveau du sol pour que l'eau
aille sur le plan
- finir de reboucher et tasser pied nu
- mettre le reste de remblai à la périphérie du trou pour
faire une cuvette ou une demi-lune sur un terrain en pente
- remettre de l'anti-termite en surface (l'autre 1/2 dose)
6- remplacement des plans morts 15 jours après
7- entretient :
- arrosage régulier (matin ou soir, pas pendant la journée car
il fait trop chaud)
- vérifier les termites (traiter dès qu'il y a une attaque)
- désherber régulièrement
- refaire la cuvette ou demi lune lorsqu'elle n'est plus efficace
- vérifier la bonne santé de tous les plans souvent
- élaguer
Approche avec les
villageois :
Il faut que ce soit eux qui demandent un reboisement, et doivent participer
à tous les stades de la plantation (creusage des trous, …), et
il faut bien leur faire prendre conscience du travail d'entretient, et sonder
leur motivation, par exemple en évaluant les besoins pour eux (s'ils
n'en retire rien, ils ne s'en occuperont pas et couperont tout).
Il faut créer un comité de gestion pour le suivi qui assurera
une surveillance régulière de la plantation, organisera des roulements
pour l'entretien (arrosage, …), sanctionnera les personnes qui ne font
pas leur travail et sera le relais avec l'association à l'origine du
reboisement qui devra elle aussi se rendre de temps en temps sur place pour
vérifier la bonne gestion.
Il y aura un président, un gestionnaire du matériel, un secrétaire
et un comptable (plus tard, pour gérer l'argent dégagé).
Il faudra parmi ces gens un représentant de chaque groupe existant, ou
une femme, un jeune, …
Pour un verger de manguier par exemple, les villageois pourront prendre des
mangues pour chez eux, mais la vente des mangues servira à la communauté
pour entretenir le verger et payer d'autres projets sociaux comme arranger un
forage, …
Le comité doit être totalement bénévole, car si on
commence à payer quelqu'un, s'il n'y a plus d'argent, plus personne ne
s'occupera de la plantation, et ce sera l'échec.
Remarques diverses :
- le néré, le gommier (acacia sénégal) et l'anacardier
sont encouragés par le ministère de l'environnement.
- nous ne parlons pas du gommier car il ne sert que pour l'exportation de sa
gomme (et un peu pour la pharmacopée) qui demande une culture à
grande échelle.
- Facteurs de mortalité des plants : transport, trop jeunes, mauvais
arrosage, pas traité contre les termites
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